Le roi du pétrole compte ses sous

vendredi 30 octobre 2015

Le roi du pétrole compte ses sous

S’il fallait illustrer le séisme que représente la chute prolongée des cours du pétrole, l’Arabie saoudite serait le cas idéal. Voici le pays pétrolier par excellence qui vit de sa rente au point que ses citoyens ne travaillent guère, gavés qu’ils sont de subventions et de salaires mirobolants pour des emplois pas vraiment utiles. Ceux qui y travaillent, ce sont les Egyptiens ou les Philippins. A l’évidence, le Royaume a les moyens d’acheter très cher la paix sociale, puisque 90 % de ses recettes budgétaires proviennent de l’exportation de l’or noir.

Sauf qu’il lui faut un baril à 105,6 dollars pour équilibrer son budget et que le dit baril est tombé à 50 dollars. Les déficits publics s’accumulent donc dangereusement au moment où l’Arabie est engagée dans une guerre sale et coûteuse au Yémen.
Gageons que, pour y remédier, le Royaume ne suivra pas les conseils du Fonds monétaire international (FMI) qui l’invite à tailler d’abord dans ses cadeaux sociaux injustifiés. Il préfère pomper 80 milliards de dollars dans ses réserves, emprunter (16 milliards de dollars) et tailler dans ses dépenses d’équipements (11 stades de foot ne seront pas construits). Mais pas question de toucher aux dépenses sociales somptuaires et pas question de créer des impôts. Trop risqué politiquement. On ne se serre pas la ceinture au pays des Saoud !

Cela risque de lui poser de graves problèmes à terme. Le FMI a calculé que le prix du baril ne remonterait progressivement à 63 dollars qu’en...2020. Nul l’an dernier, l’endettement public saoudien bondira à 6,7 % de son produit intérieur brut (PIB) cette année et à 17,3 % en 2017. Certes, ce n’est pas dramatique, mais dans cinq ans, les 650 milliards de dollars de réserves se seront évaporés et les habitudes dépensières demeureront intactes.

Que restera-t-il comme parades à la dynastie régnante pour éviter un « Printemps arabe » ? Vendre les placements dans les sociétés occidentales achetées à grands frais dans les années fastes ? Ce serait déchoir. Il pourrait être tenté d’incriminer les travailleurs immigrés et de les expulser, comme par le passé, au nom d’une « saoudisation » des emplois impossible car les Saoudiens ne sont pas assez qualifiés pour les occuper : ils étudient la religion wahabite plutôt que l’informatique ou la chimie...

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