Mosaïque d’Algérie

samedi 17 décembre 2016

Béchar, février 2006. Je dois passer la nuit ici, dans l’attente du car pour Béni Abbès. J’arrive de France fatigué, je ne parle pas la langue et ne connais personne. Je me redis que je suis là à cause de Jésus. Je m’assieds à la terrasse d’un café. Le patron m’offre la limonade. Le bon Samaritain, ce soir, est Algérien et musulman. Quelques mois plus tard, alors que nous nous installions à Tiaret, un policier vient nous visiter. Il déclare à Hubert : « Vous êtes revenus ? C’est une bonne nouvelle pour nous, cela veut dire que tout va mieux ». Quelques années plus tard, à Tiaret toujours, je remonte la rue principale. Un commerçant que je connais me dit en pointant le doigt vers le ciel : « Tant que vous êtes là, on est protégés ! » Dans les pays musulmans, ordinairement, ce sont les chrétiens qui ont le statut de « protégés ». J’espère que les migrants algériens sont aussi bien accueillis en France.

Boumerdès, août 2011, nuit de Ramadan. A la nuit tombée, nous marchons avec des Algériens sur le front de mer. La foule est joyeuse. Un ami me dit : « Ma femme et moi, on est tous les deux enseignants. Mais elle regarde la télévision égyptienne, tandis que moi je n’aime que les programmes français. Alors c’est bien difficile pour nous de nous parler ! » L’Algérie, entre Orient et Europe : inconfortable situation !Un symbole : l’arabe dialectal, la darija, accueille des mots d’origine maltaise, espagnole, français. Mais voilà que cette langue du peuple est méprisée par les élites. Le peuple algérien est en manque d’enracinement, un enracinement avec des racines multiples. La violence a mis à mal l’âme du peuple.

La suite du témoignage du frère Dominique qui était en Algérie ces dix dernières années

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