Arbre de vie, Prologue 3


En ton âme dessine en esprit
un arbre
dont la racine est irriguée
par une source au jaillissement perpétuel,
qui croît même en un fleuve vif et grand, à quatre têtes
afin d’irriguer le paradis de toute l’Eglise.
Du tronc de cet arbre
jaillissent d’ailleurs douze rameaux,
ornés de frondaisons, de fleurs et de fruits,
Son feuillage est un médicament très efficace contre toute sorte de maladie,
préservant tout autant que remettant en état,
car la parole de la croix est force de Dieu pour le salut de tout croyant (Rm1,16) ;
Sa fleur est parée de la beauté de toutes les couleurs,
elle exhale la suavité de toutes les odeurs,
attirant et réconfortant les cœurs anxieux des désirants ;
chacun de ses douze fruits,
qui renferme en lui tout ce qui plait
et ce qui est agréable à tous les goûts
(Sg 16,20),
est, comme tel, proposé en dégustation aux familiers de Dieu,
de sorte que ceux qui le mangent
sont toujours rassasiés sans jamais éprouver de dégoût.
Et ce fruit-là,
il a tiré son origine d’un sein virginal
et est parvenue à une savoureuse maturité sur le bois de la croix
grâce à la chaleur de midi du soleil éternel, - la charité du Christ -,
et est proposé en dégustation
dans le jardin du paradis céleste, - la table de Dieu -,
à ceux qui le désirent.
Et c’est ce qu’insinue la première strophe :

O croix, arbrisseau salvifique,
irrigué par une source vive,
à la fleur aromatique,
au fruit désiré.

retour à la table des méditations