Assise, Une rencontre inattendue, de François Cheng


Assise

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« Terre nourricière du corps, de l’esprit et de l’âme d’un des plus grands saints que l’Occident ait connus ». (F. Cheng)

« Comme tous ceux qui, depuis la plaine de l’Ombrie, voient Assise pour la première fois, je fus saisi, en sortant de la gare, par son apparition dans la clarté d’été, par la vision de cette blanche cité perchée à flanc de colline […] Figé sur place, j’eus
le brusque pressentiment que mon voyage ne serait pas que touristique, qu’il constituerait un moment décisif de ma vie. » (Assise, Une rencontre inattendue)

Assise, cette terre nourricière, ce « corps vivant », François Cheng l’a découverte lors de sa première visite, avec un groupe auquel il s’était rattaché fortuitement et qu’il quittera pour prolonger son séjour, conscient que ce lieu est exceptionnel, à dimension universelle. Il sent un souffle vital qui circule de par la position de la ville, légèrement surélevée, adossée à un mont.
Il va explorer les différents lieux où vécut saint François. Ce séjour inattendu va constituer un tournant décisif dans la vie du jeune Cheng, étranger perdu dans la grisaille parisienne et sans but.
Pour comprendre François – dont il choisira le patronyme en demandant le baptême plus tard –, il s’attache à explorer les lieux de prédilection du saint.

Il commence par les Carceri, où François aimait se retirer, lieu élevé où l’on sent que l’humain peut dialoguer avec son Créateur, mais où l’on ne se sent jamais seul, car la nature est bien présente avec le pépiement des oiseaux et son environnement minéral dont la grotte qui sert d’abri.

Il descend ensuite à la Portioncule lovée au pied de la colline d’Assise, avec maintenant une imposante église. Mais elle reste un lieu de recueillement, éclairé par des bougies, où chacun peut prier en union avec saint François et tous ceux qui s’y sont arrêtés. Là, le Poverello rendit son âme à Dieu.

Enfin, Saint-Damien, lieu de l’appel de François, à travers le crucifix, à mi-chemin de la colline, est le lieu de ressourcement où il composera le Cantique des Créatures, un an avant sa mort, déjà malade, miné par différentes infirmités, ayant reçu les stigmates sur l’Alverne. Ce Cantique exalte la grandeur de la Création, de la Vie et donc de l’Amour.

Huit siècles après sa mort, nous connaissons François, grâce au portrait du peintre Cimabue aux côtés de la Vierge en majesté (en couverture de l’ouvrage). Il n’a rien d’extraordinaire à première vue, mais pour François Cheng, et pour nous, il est le Grand Vivant, car il va au-devant de la Vie, vie des hommes avec leurs qualités et leurs défauts, et vie animale avec le loup de Gubbio, les oiseaux, les lièvres, les moutons. Il a vécu pauvre pour dominer ses défauts, mais il savait savourer tout ce que la Création lui offrait.

Christiane

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L’auteur : né en Chine en 1929, il arrive à Paris en 1948 tandis que son pays est en proie à la guerre civile. En France, il connaît la solitude et le dénuement. Passionné par la littérature française, il fait de brillantes études universitaires et devient enseignant et écrivain. Ses écrits sont récompensés par de nombreux prix. En 2002, il est élu à l’Académie Française.

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L’ouvrage : Assise, Une rencontre inattendue, François Cheng,
Albin Michel, 2014, 64 p., 9,50 €

article tiré de la revue Notre-Dame de la Trinité, octobre 2015