La famille de saint François au Forum social mondial de Montréal


Une délégation franciscaine au Forum social mondial : Pourquoi ?

Qu’est-ce que le Forum Social Mondial (WSF)

Créé en 2001 à Porto Alegre, la capitale de l’État brésilien de Rio Grande do Sul, le Forum social mondial a été conçu comme un espace démocratique pour débattre, créer des liens et programmer des actions visant à concrétiser le slogan du Forum : “un autre monde est possible”. Il est né de l’opposition audacieuse au Forum économique mondial (WEF) de Davos, en Suisse, au cours duquel les nations riches se rencontrent annuellement, pour programmer le modèle de développement top-down (de haut en bas) et néolibéral qu’elles proposent ensuite au monde. Le Forum social est né comme un processus visant à promouvoir le développement de la base vers le haut et qui se bat pour inclure les organisations de base, les mouvements sociaux populaires, les organisations non gouvernementales, les groupes religieux et tous ceux qui veulent se confronter aux problèmes sociaux, économiques et politiques qui touchent notre monde d’aujourd’hui. Le WSF encourage les présentations libres de possibilités alternatives au modèle du WEF, les échanges entre les citoyens, les plaintes, les aspirations, les engagements concrets et le développement d’une stratégie de réseau qui conduisent à des actions concrètes de solidarité internationale, de justice sociale et environnementale, d’économie sociale, de démocratie participative et la reconnaissance de l’égale dignité de tous.

En poursuivant ces objectifs, le WSF n’incite pas les participants à s’opposer pour promouvoir ou pour imposer leur propre vision ou leur propre modèle : il rassemble plutôt tous ceux qui sont engagés dans la recherche de solutions possibles.

La participation franciscaine au WSF de Montréal

Depuis le début en 2001, la famille franciscaine a été présente aux travaux du WSF, et cette présence s’est poursuivie dans les Forums de Porto Alegre en 2005, Nairobi en 2007 et de Tunisie en 2013. La famille franciscaine a aussi participé au sommet des Nations Unies sur le climat à Rio de Janeiro (connu sous le nom de Rio + 20) et à la 21e conférence à Paris, la même année (connue sous le nom de COP21).

Au début, la présence était peu organisée mais avec le temps, elle s’est structurée et organisée en impliquant également les membres de la famille franciscaine du lieu où le Forum se déroulait, pour une connaissance réciproque et des liens pour impliquer les Franciscains aux événements et aux actions associées au Forum, afin qu’ils deviennent des référents pour organiser des interventions concrètes en faveur des plus pauvres et des marginalisés.

Pendant la participation au sommet des peuples qui s’est tenu en parallèle du sommet de Rio+20, une délégation internationale composée de Franciscains engagés dans la JPSC (Justice, Paix et Sauvegarde de la Création) et de membres de Franciscans International (FI) a décidé d’agir sur trois thématiques qui permettent aux Franciscains d’œuvrer à la défense de notre Mère la Terre. A la suite de la participation à la COP21 l’année dernière au mois de décembre, la famillefranciscaine a décidé de renforcer son engagement en se focalisant sur l’industrie d’extraction, en réponse au cri de la Terre, sur l’économie, en réponse au cri des pauvres (l’économie verte a prouvé qu’elle n’était qu’un slogan pour ne rien changer) et sur le style de vie, pour susciter un témoignage personnel et communautaire.

Montréal 2016

La délégation franciscaine présente à Montréal était composée de 14 membres provenant du monde entier. Franciscans International (FI) avait organisé quelques activités et séminaires suivis par un grand nombre et qui ont traité des droits de la nature et de l’environnement, de la façon d’affronter les crimes contre l’environnement et contre les personnes engagées dans l’industrie minière, avec une référence particulière aux cas de Maikana au Canada et de Mariana au Brésil ; de la manière d’affronter l’extrême pauvreté comme violation des droits de l’Homme de ces personnes et du document promu par FI auprès des Nations Unies qui propose de reconnaître les responsabilités civiles et pénales des multinationales pour les dommages causés dans des États autres que ceux où elles ont leur siège social (aujourd’hui, par exemple, BHP/VALE, la société multinationale propriétaire de la mine qui a causé le désastre de Mariama, n’étant pas brésilienne, ne peut pas être poursuivie par le gouvernement brésilien).

A cela s’ajoutent d’autres activités sur des thèmes tels que les migrants, l’encyclique Laudato Si et la solidarité, l’agroécologie et le droit à l’accès à la nourriture.

Toutes ces activités ont confirmé la nécessité de travailler en synergie avec d’autres organisations et de se réunir avec elles, pour apprendre à partager, mais aussi pour témoigner de manière concrète des valeurs franciscaines.

A la fin du Forum, pendant une rencontre de synthèse, la délégation a conclu que certains points et certaines hypothèses de travail étaient à développer dans le cadre de la famille franciscaine dans le monde :

  • dans un futur proche et à l’exemple de ce qui s’est fait à la COP21, il serait opportun d’avoir plus de visibilité, par l’organisation d’un point de rencontre franciscain ;
  • étant donné que Laudato Si est désormais un document incontournable, on suggère d’organiser un séminaire basé sur cette encyclique pour soutenir l’engagement à “écouter” le cri de la Terre et des pauvres, et à leur répondre de manière concrète ; commencer un travail pour sensibiliser la base et l’impliquer dans le domaine de la souveraineté et de la durabilité alimentaire, en renforçant les liens déjà établis avec la FAO et en trouvant des ressources pour que perdurent ces liens ;
  • s’engager, à travers un séminaire ad hoc, dans la promotion de JPSC.

Attilio Galimberti - OFS