La conversion écologique, cela commence aujourd’hui


Du 13 au 17 juillet, à Brive-la-Gaillarde, s’est tenue la deuxième Université d’été franciscaine, dont le thème était : "Avec François d’Assise, osons la conversion écologique". Une page internet donne dès à présent un aperçu de l’événement, les vidéos des conférences seront prochainement mises en ligne.

Nous étions cent-soixante personnes environ (parmi elles, un bon nombre appartenant à la famille franciscaine), rassemblées pour ces journées universitaires. Universitaires ? Oui, avec quelques interventions théoriques - du côté de la tradition chrétienne et franciscaine, et du côté de l’écologie - et des temps de communication entre les participants et avec la nature, une liturgie bâtie dans cette perspective de la conversion écologique, du passage de la mort à la vie, avec le Christ. Il me semble que par certains aspects ces journées étaient en consonance avec la proposition du parcours spirituel franciscain (reprenant les étapes de "l’Itinéraire de l’esprit jusqu’en Dieu" de saint Bonaventure).

Ces journées étaient organisées de telle sorte qu’un long moment (mais peut-être encore trop court !) était consacré, à la fin de l’université, à la pratique, c’est-à-dire aux partage d’initiatives, ou de désirs d’initiatives allant dans le sens d’un avenir pour cette maison qui nous a été confiée, l’œuvre de Dieu que nous devons protéger (cf. Laudato si, n° 217).

Beaucoup de personnes sensibles à ces questions étaient présentes à Brive : informées et actives, là où elles vivent. Des personnes qui voient que nos sociétés sont fragiles et vulnérables, qu’environnement humain et environnement naturel se détériorent ensemble. Peut-être est-il trop tard pour le développement durable, l’épuisement des énergies fossiles peut avoir des effets catastrophiques, mais il reste qu’on peut inventer un monde meilleur, retrouver des pratiques communes et des imaginaires positifs partagés [1]. En empruntant les voies de la solidarité et de la fraternité, et non celle du repli sur soi.

Au fond, ce rassemblement montre que les traditions religieuses et spirituelles, telles que celle de la vie chrétienne-franciscaine peuvent aider nos sociétés à se mettre en route, à changer nos modèles économiques et nos styles de vie. La spiritualité franciscaine - et l’éthique franciscaine - peuvent contribuer à réenchanter notre vie politique, "pour faire de la justice sociale et écologique l’utopie qui inspire nos projets politiques" [2].

« Je crois que saint François est l’exemple par excellence de la protection de ce qui est faible et d’une écologie intégrale, vécue avec joie et authenticité. »
« En lui, on voit jusqu’à quel point sont inséparables la préoccupation pour la nature, la justice envers les pauvres, l’engagement pour la société et la paix intérieure. »
« S’il est vrai que ‘’les déserts extérieurs’’ se multiplient dans notre monde, parce que les ‘’déserts intérieurs’’ sont devenus très grands, la crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure. »
« La spiritualité chrétienne propose une autre manière de comprendre la qualité de vie, et encourage un style de vie prophétique et contemplatif. »

Pape François, Laudato si’

F. Dominique Lebon

Notes

[1Cf. A. Sinaï, R. Stevens, H. Carton, P. Servigne, Petit traité de résilience locale, Ed. Charles Léopold Mayer, 2015.

[2Cécile Renouard, Vie spirituelle et transition écologique, Études, Juillet-Août 2016