Le manteau de saint François dans les Yvelines


Le manteau de saint FrançoisEntre le 23 et le 25 septembre, le manteau de saint François a été exposé dans les Yvelines, dans les églises de la paroisse de Montigny-Voisins, ainsi qu’à Guyancourt.

L’histoire du manteau

François d’Assise donna son manteau à Élisabeth de Hongrie en gage de leur lien spirituel. Sainte Élisabeth garda près d’elle ce manteau jusqu’à sa mort : elle le considérait comme son "bijou le plus précieux"
Le beau-frère d’Élisabeth de Hongrie, Conrad remit le manteau aux chevaliers teutoniques, qui eux-mêmes le donnèrent à saint Louis en remerciement pour son rôle de conciliateur dans les démêlés entre le pape Grégoire IX et l’empereur Frédéric II.
Saint Louis offrit lui-même le manteau aux cordeliers (franciscains), qui te conservèrent jusqu’à la Révolution dans leur grand couvent parisien (
Lors de la Révolution, un tertiaire franciscain cacha le manteau et le remit, une fois les événements calmés, en 1800, au dernier père gardien du couvent. Le manteau devait alors être remis à la première communauté franciscaine qui se rétablirait à Paris.
Le manteau est remis aux récollettes, qui en firent don aux capucins en 1865. Un frère capucin le cacha tors des évènements de la Commune. Les capucins emportent le manteau en Belgique en 1905 lorsqu’ils s’y retirent. Ils le rapportèrent par la suite au Mans. En 1926, le manteau est rapporté à Paris.
François d'Assise donne son manteau à sainte Élisabeth de Hongrie

Le manteau chez saint François

Le manteau marque l’appartenance à un groupe. Il évoque la communion et la fraternité. Ce vêtement est également le symbole de la transmission de maître à disciple. C’est pourquoi les prophètes se le transmettaient à tour de rôle, comme Élie transmit son manteau à Élisée, son disciple, pour être investi de la mission prophétique du maître. Le manteau est également le symbole de celui qui le porte. Donner son manteau, c’est se donner soi-même. Lorsque St Martin coupe son manteau pour le donner à un mendiant, c’est le don de sa personne qu’il effectue et dont le Christ le remercie par la suite.
Saint François fera aussi le don de son manteau à un mendiant comme le raconte saint Bonaventure qui évoque sa rencontre avec un noble chevalier mais sans ressources et mal vêtu. Se souvenant du noble Roi et pauvre Christ, il fut ému d’une si grande pitié pour cet homme qu’il quitta les vêtements élégants, se dévêtit, et lui fit don de son manteau. Peu après, François devait changer de statut social et religieux :

« Pierre Bernardone, en père de chair, tenta de conduire François, le fils de la grâce, désormais dépouillé d’argent, devant l’évêque de la cité pour qu’il renonce en ses mains aux biens paternels et rende tout ce qu’il avait. François quitta ses vêtements et les restitua à son père. « Jusqu’à maintenant, lui dit-il, je t’ai appelé père sur la terre, mais à présent je peux dire en toute sécurité : Notre père qui es aux cieux, auprès de qui j’ai déposé tout mon trésor et placé tout le gage de mon espérance. »
Aussitôt l’évêque, le recueillit entre ses bras, le couvrit du manteau dont il était enveloppé. On lui offrit un pauvre petit et vil manteau d’un travailleur agricole au service de l’évêque que François marqua de sa propre main du signe de la croix avec la pierre à plâtre qui se présenta il formait de ce fait la vêture d’un homme crucifié et d’un pauvre à moitié nu. Voilà comment le serviteur du Roi très haut fut laissé nu, afin de suivre le Seigneur crucifié et nu qu’il aimait. (2,6) Reconnu et reçu par un ancien ami, il fut revêtu d’une pauvre petite tunique comme un petit pauvre du Christ.(LM 2,4) »

Par la suite. François éduque ses frères à la pauvreté et simplicité de vie et au partage avec les pauvres :

« Il arriva qu’un pauvre vienne à la rencontre de François, alors qu’il était recouvert d’un petit manteau par-dessus son habit à cause de sa maladie. François voit la misère du pauvre et dit à son compagnon : il faut que nous rendions à ce pauvre son manteau, car il lui appartient. On nous l’a prêté jusqu’à la rencontre d’un plus pauvre que nous. Mais son compagnon considérant l’état du Père s’oppose opiniâtrement à ce qu’il secoure un autre en se négligeant soi-même. Je pense, lui dit François, que cela me serait imputé par le Grand Aumônier comme un vol, si je ne remets pas ce que je porte à un plus indigent. C’est pourquoi, à propos de tous les biens qui lui étaient donnés pour remédier à la nécessité de son corps, il avait coutume de demander aux donateurs la permission de pouvoir librement les distribuer si un plus indigent venait à sa rencontre. Il n’épargnait absolument rien, ni manteaux, ni tuniques, ni livres, ni même ornements d’autel : bien plus, sitôt qu’il le pouvait il donnait largement tous ces biens aux indigents, afin de remplir son devoir de piété. "(LM 8,5)