Obsèques de frère Pius Winckler

Le 5 octobre 2017 au matin
le frère Pius (Ernest) Winckler
est décédé à l’hôpital de Hautepierre à Strasbourg
à l’âge de 97 ans,

La messe des funérailles sera célébrée lundi 9 octobre à 14h 30
en la chapelle de la Maison de retraite Saint-Charles de Schiltigheim
suivie de l’inhumation au cimetière Ouest de Cronenbourg (Strasbourg).

Né le 15 août 1920 à Blodelsheim (68) comme troisième fils dans une famille modeste d’agriculteurs et baptisé le 22 août à l’église de son village natal, Ernest Winckler fréquente l’école primaire de Blodelsheim. Comme beaucoup de villageois de son âge envoyés par le curé Kauss à l’École des Missions des Capucins de Strasbourg-Koenigshoffen, il y commence ses études en septembre 1933 jusqu’en classe de seconde en 1939, année de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. Lors de l’évacuation, il retrouve l’École des Missions Saint-Fidèle à Angers, et en mai 1940, il rejoint Gimont (Gers) où la population de Blodelsheim avait été évacuée. En septembre 1940, il est de retour en Alsace.

En novembre suivant, il entre au noviciat du couvent des Capucins à Sigolsheim et revêt l’habit des frères capucins sous le nom de « frère Pius » jusqu’à sa profession temporaire le 21 novembre 1941, avant de suivre une première année de philosophie à Koenigshoffen. Survient l’occupation allemande, par le régime hitlérien qui impose l’incorporation de force aux jeunes Alsaciens. En septembre 1942, il est incorporé au « Service de travail obligatoire » à Belgern en Allemagne, puis dans la Wehrmacht en janvier 1943 dans le camp d’instruction de Luknow (Pologne). En juin 1943, c’est le départ pour le front russe près d’Orel, lieu de terribles combats.

Le 22 juillet, avec quelques camarades alsaciens et lorrains, il réussit à s’évader vers les lignes russes pour se constituer prisonnier et aboutir au camp de Tambow en Sibérie. En juillet 1944, il fait partie des 1.500 Alsaciens-Lorrains libérés grâce à De Gaulle qui les dirige vers l’Afrique du Nord où ils arrivent à Alger le 1er septembre pour être engagés dans l’armée française. Le 3 août 1945, le frère Pius est démobilisé et revient au couvent de Koenigshoffen. De 1947 à 1951 suivent quatre années de théologie. Entre temps, le 15 juillet 1950 il est ordonné prêtre à la cathédrale de Strasbourg, et le 15 août suivant, il célèbre sa première messe à Blodelsheim.

En septembre 1951, le père Pius commence son ministère sacerdotal au couvent de Bitche, puis pendant trois ans au couvent de Colmar comme vicaire dominical à Pfaffenheim. Suit un séjour d’un an au couvent de Chaumont au service de la Mission intérieure. En septembre 1956, il est nommé au Foyer des capucins de Lyon pour la formation des jeunes frères. De 1958 à 1961, il fait un premier séjour au pèlerinage de Weiler/Wissembourg. De 1961 à 1967, on le retrouve comme père spirituel à l’École des Missions de Koenigshoffen. Puis, il va prendre le chemin du haut-lieu de pèlerinage Notre Dame de Dusenbach, près de Ribeauvillé, dont il est le responsable à partir de 1973 : il travaille à rendre accueillant ce site marial avec ses frères capucins. De 1982 à 1995, il va à Weiler comme responsable de cet autre pèlerinage marial, situé à la frontière de la Sarre, tout en assurant un service d’aumônerie à l’hôpital de Wissembourg. Son attitude chaleureuse et son dévouement à l’égard de tous lui valentt la reconnaissance de la population des deux côtés de la frontière. Il contribue à restaurer la chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié et de l’Écoute. En 1995, il quitte ce sanctuaire, non sans regret, pour reprendre du service comme Gardien du couvent de Colmar.

En 1998, il est à nouveau au pèlerinage de Dusenbach, où il fête le 16 juillet 2000 son jubilé d’or de prêtre et ses 60 ans de vie religieuse comme capucin et son 80ème anniversaire. En 2002, il revient une dernière fois à Weiler jusqu’au moment où il sera accueilli en septembre 2010 à la Maison Saint-Charles des Soeurs de la Charité à Schiltigheim et où il sera accompagné avec bienveillance jusqu’à ces derniers jours. Une malencontreuse chute lui valut d’être conduit le 4 octobre 2017 à l’hôpital de Hautepierre où il décédera le lendemain.

Que le Seigneur accueille en sa Maison auprès de Lui notre frère Pius que nous confions à sa miséricordieuse bonté.