Une nouvelle fraternité de capucins au Dusenbach (Ribeauvillé)


Dimanche 11 septembre 2016, à l’occasion de la fête patronale de ce lieu de pèlerinage proche des châteaux de Ribeauvillé, une fraternité de capucins a été installée au Dusenbach. Pèlerins, amis du sanctuaire marial et la communauté paroissiale étaient réunis autour de Mgr Grallet, archevêque de Strasbourg. Sept ans après leur départ, les frères reviennent sur un site qu’ils ont animé pendant plus d’un un siècle, pour y créer du neuf [1]

Lors de cette célébration, le frère Eric Bidot, ministre provincial s’est adressé à l’assemblée :

Monseigneur, chers amis, c’est une joie d’être ici dans ce beau sanctuaire du Dusenbach, propriété du diocèse de Strasbourg. Je veux, tout d’abord, penser aux frères Capucins qui se sont succédé entre 1904 et 2009, disponibles à la prière et à l’accueil des pèlerins et visiteurs. Le lieu a ensuite vécu autrement, grâce à la motivation et au dynamisme du P. Marc que je veux saluer, grâce à la fidélité des

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Notre Dame du Dusenbach

bénévoles et des membres de l’association, et grâce à la présence durant cinq saisons d’été des Sœurs de Saint François d’Assise. Dieu soit béni pour et en chacun !
Merci, monseigneur, de nous avoir proposé de revenir ici, alors que nous quittions le couvent strasbourgeois de Koenigshoffen. Ce lieu du Dusenbach, nous pouvons l’appeler les « Carceri » alsacienne, en référence à l’ermitage des « Carceri » près d’Assise, que saint François aimait tant, lieu de conversion et de croissance dans la foi, l’espérance et la charité.
Une communauté de quatre frères y est maintenant arrivée. Le frère Joseph Dossmann en est le gardien et je vous propose de le nommer recteur ; le frère Bruno-Maria est vicaire et économe ; le frère Dominique Sauvenier y poursuivra son service de l’Animation missionnaire de notre Province ; et le frère Cédric Moreau, profès temporaire, arrivé hier soir, vient compléter la communauté. En outre, à ma demande, notre ministre général a érigé la fraternité « maison de noviciat » : deux hommes entreront au noviciat au début du mois d’octobre.
La partie la plus visible de la présence des frères sera la célébration des sacrements (messes et confessions) et le service de l’accueil à l’abri du pèlerin, en relation avec les bénévoles du sanctuaire. L’accueil est un bien à poursuivre. Deux autres aspects doivent être aussi évoqués : la vie de prière et la vie fraternelle. Ces deux piliers font actuellement l’objet d’une grande attention dans notre Province des Capucins et j’insiste pour qu’ils soient vécus avec sérieux, fidélité et enthousiasme, comme l’ossature de chaque journée. La prière des Heures et l’oraison célébrées en frères ainsi que le temps nécessaire à l’échange confiant en vue de la communion fraternelle seront valorisés.
Que la Vierge Marie, priée ici depuis longtemps, nous enveloppe de son manteau de miséricorde pour avancer, humblement et résolument, à la manière de Jésus. Je vous remercie.

Et le gardien de la fraternité, frère Joseph, a présenté ce que les frères veulent vire avec tous ceux qui viennent au sanctuaire, l’accueil, l’hospitalité, la fraternité, le silence et la prière :

Chers confrères, chers ami-e-s, il y a un mois, nous célébrions la dernière messe dans la chapelle du couvent des capucins au Koenisghoffen à Strasbourg.

Aujourd’hui, nous vivons « l’installation » de la communauté des capucins dans ce lieu de pèlerinage qu’est le Dusenbach.
Je remercie monseigneur Grallet, pour sa présence aujourd’hui.
Je remercie notre frère ministre provincial, également présent aujourd’hui.
Je remercie toutes les autorités officielles.
Je remercie le père Marc Helfer, Recteur de ce lieu jusqu’à aujourd’hui.
Je remercie tout particulièrement tous les amis présents, hier et aujourd’hui, dans ce passage vers une nouvelle aventure.

Se rendre en pèlerinage dans un sanctuaire, c’est exprimer sa foi. La religiosité populaire a toujours été une forme d’évangélisation. En temps que gardien de la communauté des capucins et recteur du Dusenbach, je souhaite de tout cœur que nous puissions faire de ce lieu un centre de « spiritualité » qui, selon moi, va plus loin que la religiosité.

Je souhaite que les « chercheurs spirituels » puissent trouver dans ce lieu de prière et de silence un espace pour y vivre leurs dévotions, pour approfondir ou redécouvrir leur foi chrétienne. Je souhaite qu’ils puissent venir se ressourcer dans un sanctuaire où la rencontre avec le Seigneur est primordiale.

Un sanctuaire est une maison du pardon, où chacun rencontre la tendresse du Père qui est miséricordieux envers tous, sans exclure personne.

Je souhaite que chaque personne, visiteur de passage, pèlerin d’un jour, marcheur, retraitant, trouve au sein de notre communauté un souffle de paix et de fraternité qui lui permettra de poursuivre sa route à la suite du Christ.

Permettez-moi de citer le pape François ! Voici ce qu’il a dit dans son discours adressé aux recteurs de sanctuaire, en janvier 2016 :
« Le mot-clé que je désire souligner aujourd’hui avec vous est accueil : accueillir les pèlerins. Avec l’accueil, pour ainsi dire, « nous mettons tout en jeu ». Un accueil affectueux, festif, cordial et patient. Il faut aussi de la patience ! Les Évangiles nous montrent Jésus toujours accueillant envers ceux qui s’approchent de lui, en particulier les malades, les pécheurs, les exclus. Et souvenons-nous de son expression : « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé » (Mt 10, 40).
Jésus a parlé de l’accueil, mais il l’a surtout pratiqué. Quand on nous dit que les pécheurs – par exemple Matthieu, ou Zachée – accueillaient Jésus chez eux et à leur table, c’est parce que, avant tout, ils s’étaient sentis accueillis par Jésus et cela avait changé leur vie.

Oui, l’accueil, l’hospitalité, la fraternité, le silence et la prière seront vraiment déterminants dans ce lieu.
Voilà pourquoi j’ose dire que nous ne sommes pas « installés » aujourd’hui dans ce lieu. Nous sommes appelés à nous laisser interpeller, à nous laisser désinstaller sans cesse par les appels de nos contemporains en quête de sens et d’Espérance.

Les horaires au Dusenbach

Les dimanches, messes à 9h30 et office marial à 15h.
En semaine, laudes à 7h45, vêpres à 18h30, messe à 19h
et complies à 21h.
Adoration et prière pour les vocations le jeudi de 15h-17h.
Chemin de croix les vendredis à 15h.

Pour rencontrer un frère et pour les hôtes individuels :
03 89 73 64 12 ou 06 22 41 63 45.

Notes

[1« La pastorale en terme missionnaire exige d’abandonner le confortable critère pastoral du "on a toujours fait ainsi". J’invite chacun à être audacieux et créatif daans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés » (Pape François, La joie de l’Evangile, n°33)