À l’occasion du VIIIe centenaire de la mort de saint François (1226-2026)

Suite à l’approbation du pape Léon XIV, le corps de saint François d’Assise est exposé du 21 février au 22 mars 2026 dans la basilique Saint-François d’Assise, en Italie. Il s’agit d’un événement inédit, puisque le tombeau de saint François n’a jamais été ouvert au public depuis sa mort en 1226, il y a presque 800 ans. Cette initiative remonte à l’encouragement exprimé par le pape François dès décembre 2023 et s’inscrit dans le cadre des célébrations du 800ème anniversaire de la mort de saint François. Environ 300 frères de différents ordres de la famille franciscaine ont participé à l’inauguration ainsi que plus de 200 journalistes et 400 bénévoles. 

À partir du dimanche 22 février, les portes ont été « ouvertes » à tous ceux qui souhaitent vivre ce pèlerinage. L’ostension extraordinaire des reliques de saint François se poursuivra sans interruption jusqu’au 22 mars 2026. C’est une invitation universelle à redécouvrir l’héritage du Poverello d’Assise, un homme dont le message de paix et de fraternité continue de toucher profondément le cœur de l’humanité. Comme le rappellent les frères, commémorer sa mort signifie célébrer sa vie et son rayonnement qui, après huit siècles, continue d’inspirer le chemin des croyants et des non-croyants. Puisse cette vénération nous pousser à redécouvrir la « petitesse » évangélique qui rend « grands », si chère à François. 

Quelques citations :

« L’exposition du corps de saint François n’est pas seulement un événement de dévotion, mais un message puissant pour les croyants et pour notre société tout entière. Elle nous rappelle que d’une vie donnée peut naître une fécondité inespérée. François vit et son esprit continue d’œuvrer parmi nous, nous appelant à être des artisans de paix, des gardiens de la création et des témoins d’un amour qui ne meurt jamais. », a confié frère Giulio de la basilique Saint-François d’Assise.

Contempler les restes mortels de François « est une invitation à considérer la vie personnelle de chacun dans une perspective similaire : comme François, chacun est appelé à se donner généreusement dans ses relations, pour devenir cet arbre vivant de fraternité qui continue à porter ses fruits dans l’histoire de l’Église et du monde », a déclaré le frère Marco Moroni OFMConv, gardien du Sacro Convento. 

Célébration des vêpres et début de l’ostension :

Le matin du samedi 21 février, les restes mortels de saint François ont été exhumés du sarcophage où ils reposaient, afin de « préparer » l’ostension. Puis, les reliques ont été transférées de la crypte de la basilique franciscaine pour être déposées au pied de l’autel papal de l’église inférieure. Une petite procession accompagnée de chants s’est organisée, composée de frères de différents ordres et de Mgr Domenico Sorrentino, sous la présidence du cardinal Ángel Fernández Artime. 

L’encensement et la célébration des premières vêpres du premier dimanche de Carême a ensuite commencé. L’atmosphère de simplicité et de fraternité rassemblait symboliquement tous les frères du monde entier dans une seule grande famille, celle des fils et des frères de François. 

Dans son homélie, le cardinal Ángel Fernández Artime a souligné avec force que l’ostension « n’est pas un regard nostalgique sur le passé, mais une invitation forte et concrète pour notre présent ». En montrant les restes mortels du Poverello, il a rappelé que les fidèles se trouvent face à une prédication silencieuse mais puissante, qui montre « un corps consumé par l’amour, marqué par les stigmates, courbé par la pénitence, mais rayonnant de paix ». L’exposition « est un temps offert à la conversion. Nous ne sommes pas ici par curiosité, mais pour nous laisser provoquer, pour contempler jusqu’au bout ce que l’Évangile peut accomplir lorsqu’il est pris au sérieux ». Les paroles du cardinal font écho à celles du pape Léon XIV, qui a rappelé dans son message à l’occasion de l’ouverture du centenaire du Transitus que saint François représente une « bonne nouvelle » même pour ceux qui ne sont pas croyants, incarnant la possibilité concrète d’une vie humaine fondée sur la paix, la miséricorde et l’accueil plutôt que sur la compétition, la guerre et la violence. Après la prière des Vêpres, les frères ont pu se recueillir en silence dans l’église, devant l’urne contenant les restes de saint François. 

Le tombeau de saint François 

1230 – Après la mort de saint François, son corps fut transféré de l’église Saint-Georges à la nouvelle basilique Saint-François d’Assise. Pour éviter le risque de vol de reliques, courant à l’époque, le corps fut caché dans un endroit profond sous le maître-autel, protégé par de lourdes structures en pierre et en fer.

1818 – Mais le saint est resté caché pendant des siècles, jusqu’à ce qu’il soit finalement retrouvé après cinquante-deux nuits de fouilles secrètes, le 12 décembre 1818, sous l’autel de l’église inférieure de la basilique. À cette occasion, les restes furent extraits pour une brève vérification scientifique et un hommage religieux avant d’être replacés dans le sarcophage en pierre que l’on peut voir aujourd’hui.

1819 – Les restes du saint avaient fait l’objet d’inspections à huis clos, appelées « reconnaissances ». La première inspection eut lieu en 1819, confirmant l’identité de la dépouille de saint François.

1978 –  À l’occasion de la « troisième reconnaissance », une inspection scientifique des restes mortels a été effectuée afin d’évaluer leur état de conservation. Il a été confirmé que seuls des os et des cendres subsistaient du corps. À cette occasion, une exposition publique dans la « Salle du Chapitre » du Sacro Convento a été organisée pour la vénération qui a duré 18 jours. 

1994 et 2015 – Au fil des ans, d’autres inspections ont été effectuées à des fins d’étude, de conservation et de dévotion, mais il s’agissait toujours de moments « privés », réservés aux communautés franciscaines, aux experts et aux évêques.

Poursuivre :

Le dimanche 22 mars à 17h00, dans la Basilique Supérieure, aura lieu une célébration solennelle présidée par le cardinal Matteo Maria Zuppi, archevêque de Bologne et président de la Conférence épiscopale italienne. Pour ceux qui souhaitent participer à cette expérience de prière prolongée, noter que la vénération des reliques n’est possible que par réservation sur le seul portail habilité (www.sanfrancescovive.org). L’entrée en semaine est autorisée à partir de 7h30 (le week-end à partir de 7h00), la fermeture étant prévue à 19h00.