Nous relayons ci-dessous la lettre de fin d’année de nos frères Capucins à Tiaret (Algérie) : Frère Hubert, Frère Mariusz, Frère Pascal et Frère René.

« Notre petite fraternité des capucins de Tiaret a célébré Noël cette année à Beni Abbès, dans le désert saharien algérien, dans l’ermitage érigé par Charles de Foucauld habité maintenant par les petits frères de Jésus.

Mariusz n’était pas des nôtres qui est parti cette année au Caire, en Egypte, pour s’initier à l’arabe et revenir in cha’Allah dans un ou deux ans. Nous restons donc Pascal, René et Hubert.

René est dans sa quatre-vingt-dixième année mais avec ses cannes il est encore solide et souhaite rester le plus longtemps possible en Algérie. Il demeure fidèle aux visites à nos sœurs franciscaines Missionnaires de Marie à Aïn Sefra.

Pascal est toujours bien actif avec l’aumônerie de plusieurs prisons où il rencontre les migrants chrétiens venus des pays sub-sahariens, et cumule plusieurs responsabilités de service dans l’Eglise d’Algérie. Avec René, il entretient activement le jardin où il lance des expérimentations de cultures originales.

Hubert est rentré dans sa retraite ce qui le rend disponible pour l’entretien de la maison et le bricolage. La mémoire de sa naissance en Algérie et la correspondance entre ses parents à l’époque de la seconde guerre mondiale et de la guerre d’Algérie occupent son esprit et nous élargissent le réseau de relations.

Nous attendons de la relève de frères qui pourraient venir en particulier de Madagascar. Mais les visas sont difficiles à obtenir en ce moment. Leur arrivée nous permettrait d’ouvrir une seconde fraternité à Beni Abbès où les petits frères de Jésus attendent également une relève. Hubert s’en irait là-bas en éclaireur. D’autres frères seraient désireux de nous rejoindre venant par exemple de Pologne.

Nous avons eu la joie d’accueillir cette année Davi et Mami, deux jeunes frères malgaches, capucins en formation initiale, pendant plusieurs mois. Mais les autorités algériennes n’ont pas permis de prolonger leur séjour.

Notre présence à Tiaret a changé ces dernières années avec le départ progressif de tous les étudiants sub-sahariens chrétiens. Le dernier, Jovial, est retourné dans son pays de Centrafique il y a un mois. Cette situation nous permet d’être plus disponibles pour les relations avec les algériens tiaretis que nous rencontrons dans la rue et chez nous quand ils nous visitent. Plusieurs sont devenus des amis fidèles depuis dix-huit ans comme Larbi, Mahdjouba, Abderrahmane, Abdelkader, Safi, Halima, Adda ou Belkacem. Des nouveaux se greffent : Hafidha, Majid, Hammadi.

Vivants dans un pays habité en très grande majorité de musulmans que nous fréquentons journellement, nous regardons ce qui se passe en Israël et en Palestine sans doute de façon différente que si nous étions en France…

Que sera cette année 2024 pour nous ? Pourrons-nous continuer la présence évangélique de capucins en Algérie si nous n’avons pas de relève ? Nous ne sentons pas que du côté de l’Ordre il y ait grand intérêt à cette présence et que du côté algérien il y ait une réelle volonté pour la faciliter. Nous faudra-t-il renoncer et nous en aller ? L’avenir nous le dira. Nous espérons que cette année nouvelle verra se lever un jour plus favorable et nous prions pour cela. Et nous souhaitons et nous prions pour que notre humanité s’ouvre à l’espérance d’un monde ouvert à la fraternité et à la paix.

Très bonne année à vous tous et toutes dans cette même perspective !«