Du 21 au 24 avril 2026, la province des Capucins de France a tenu son chapitre des nattes à Limonest, près de Lyon, dans le cadre paisible de l’ancien séminaire du Prado. Un lieu symbolique, placé sous le patronage du bienheureux Antoine Chevrier, fondateur du Prado et tertiaire franciscain, dont la proximité avec les Capucins et l’amour radical de la pauvreté ont marqué l’esprit des participants. Cette filiation spirituelle a donné une tonalité particulière à la première journée, consacrée à la vie contemplative, invitant chacun à recentrer son regard sur le Christ.Le choix des dates s’est révélé tout aussi éloquent. L’assemblée s’est ouverte sous le signe de saint Conrad de Parzham, humble frère portier qui consacra sa vie à l’accueil, notamment des plus pauvres, au couvent d’Altötting. Elle s’est achevée en la fête de saint Fidèle de Sigmaringen, missionnaire capucin mort martyr pour l’Évangile. Entre ces deux figures, c’est toute l’ampleur de la charité franciscaine qui s’est déployée : une charité qui accueille et une charité qui se donne jusqu’au témoignage. Cette dynamique a nourri les échanges de la troisième journée, centrée sur la mission.
Au cœur de ce chapitre, la vie fraternelle a occupé une place essentielle. Plus qu’un thème, elle constituait la raison même de cette rencontre : rassembler les frères venus de toute la France, au-delà des générations. Les échanges ont révélé une véritable communion, faite d’écoute, de respect et de transmission. Dans ce climat, les plus jeunes ont pu recevoir l’héritage vivant de leurs aînés, tandis que ces derniers ont trouvé dans la présence des nouvelles générations un signe d’espérance pour l’avenir de leur forme de vie.
L’animation des travaux a été confiée au frère Louis Cinq-Mars, de la province du Canada oriental (Québec), qui a proposé une lecture approfondie de la lettre Mentem illuminare et cor inflammare (illuminer l’esprit et enflammer le cœur) du ministre général Roberto Genuin. En vue du cinquième centenaire de la Réforme capucine, célébré en 2028, ce texte invite à revenir à l’inspiration des premières Constitutions de 1536, tout en discernant des chemins d’actualisation pour aujourd’hui. Une démarche à la fois fidèle à la tradition et ouverte aux appels de notre temps.
Lieu de rencontre fraternelle avant tout, ce chapitre s’inscrit aussi dans une dynamique de préparation. Il ouvre en effet vers le chapitre électif de l’an prochain, au cours duquel seront renouvelés les responsables de la province et précisées les grandes orientations pour les années à venir. Entre mémoire vivante et élan missionnaire, les Capucins de France poursuivent ainsi leur chemin, à l’écoute de l’Esprit.
fr. Marie-Nicolas VANACKER

