C’est avec une immense joie que nous partageons la nouvelle de l’ordination épiscopale de notre frère Éric Bidot. Nommé par le Pape François, évêque du diocèse de Tulle, le 15 avril 2025, frère Éric a été ordonné le dimanche 15 juin 2025 en la cathédrale Notre-Dame de Tulle devant plus d’un millier de fidèles venus de tout le département de la Corrèze et de toute la France. Il a été l’un des derniers évêques nommés par le Pape François avant sa mort et succède à Monseigneur Bestion.

Lors de l’annonce de sa nomination, Éric a partagé son émotion : « Cet appel est un séisme, mais je l’accueille avec confiance, porté par la paix du Seigneur. »

Cette nomination est une grande joie pour notre famille franciscaine, mais aussi un appel renouvelé à porter dans la prière notre frère qui s’apprête à recevoir cette mission d’Église.

L’ordination épiscopale, un moment d’Église

 © photographie : Bernard Chaumont

L’ordination épiscopale, cérémonie par laquelle un prêtre devient évêque, a été présidée par Mgr Luc Crépy, évêque du Puy-en-Velay, entouré de Mgr François Kalist, archevêque de Clermont, et de Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle. Par l’imposition des mains et la prière d’ordination, frère Éric a reçu la plénitude du sacrement de l’Ordre, devenant ainsi évêque. Il est désormais chargé de guider, d’enseigner et de sanctifier le diocèse de Tulle au nom du Christ. La famille capucine était unie en prière pour accompagner ce frère désormais revêtu de ses insignes, symboles de sa nouvelle charge : l’anneau, la mitre et la crosse. Ce jour est une fête de la foi qui rassemble les Églises de Clermont et de Tulle, ses amis, sa famille et tous ses frères capucins.

« Je suis votre frère et votre serviteur ».

En prenant possession de son diocèse de Corrèze, Mgr Éric Bidot a tenu à rappeler avec humilité : « Je ne viens pas pour être servi, mais pour servir. » Cette phrase résume tout son engagement. De frère capucin à père et serviteur du diocèse de Tulle, sa mission évolue mais son cap reste le même : annoncer l’Évangile de la miséricorde et de la joie, à la suite du Christ pauvre et humble, dans une proximité fraternelle avec tous.

 © photographie : Gabriela Moussette
 © photographie : Gabriela Moussette

 © photographie : Gabriela Moussette
 © photographie : diocèse de Tulle

Devise épiscopale 

«Nous coopérons à votre joie» (2 Co 1, 24)

« Cette devise m’est venue durant une retraite, trois mois après la fin de mon service comme ministre provincial de France [en 2024], fonction que j’ai exercée durant neuf années. Je travaillais alors les écrits de saint Paul. Et cette phrase m’a vraiment sauté aux yeux. ‘Nous coopérons à votre joie’ : voilà ma mission, me suis-je dit, maintenant que je n’ai plus de responsabilités chez les Capucins, que je suis un frère parmi les frères. Quand j’ai été appelé à la nonciature, c’est tout naturellement cette phrase qui m’est venue. Je ne peux pas encore l’expliquer totalement et je pense qu’elle va se déployer au fil du temps. On y trouve ce thème de la joie qui m’est cher comme il l’était au pape François. Cette idée de la coopération aussi, j’ai besoin de rencontrer les personnes pour comprendre les réalités, pour susciter la créativité » (Mgr Éric Bidot).

 © photographie : diocèse de Tulle
 © photographie : diocèse de Tulle
 © photographie : diocèse de Tulle

Ses armoiries

« J’ai mis du rouge et du jaune, car ce sont les couleurs du blason de la Corrèze. Cela sert de fond, comme une sorte d’humus, car c’est la terre dans laquelle maintenant je vais habiter et vivre des relations. J’ai placé en bas ce que l’on appelle la Conformité franciscaine qui est le blason de l’Ordre : le bras nu du Christ croise le bras habillé de saint François. Au milieu, la croix montre la suite du Christ pour François d’Assise et pour nous. Et en haut, se trouvent le soleil et la lune. Le soleil, symbole du Christ, et la lune, de la Vierge qui reflète la lumière de Dieu. C’est aussi une manière de marquer les 800 ans du Cantique des créatures de François que nous fêterons en 2025, en même temps que les dix ans de l’encyclique Laudato Si. Et mes armoiries sont surmontées d’une croix dit  » ancrée « , parce que l’ancre est associée à la vertu théologale de l’Espérance, que nous approfondissons en cette année jubilaire. »

Pour en savoir plus : lire l’article de frère Marie-Nicolas Vanacker sur le site du Diocèse de Tulle

 © photographie : diocèse de Tulle
 © photographie : diocèse de Tulle
 © photographie : diocèse de Tulle

Qui est le frère Éric Bidot ?

Éric est né à Paris en 1971 dans une famille de belle qualité humaine, solidement enracinée dans la foi chrétienne : ses parents sont parmi nous aujourd’hui. Enfant, il découvre les capucins et il est frappé par – je cite – « ces hommes naturels, eux-mêmes avec leurs limites et habités. » Assez représentatif de la génération Jean-Paul II, il participe aux JMJ de Compostelle, de Denver, de Rome ; et c’est sur le chemin de Compostelle qu’il entend le « Viens, suis-moi ». En attendant d’y voir plus clair, il fait des études de droit civil public à Paris ; en 1995, il est envoyé à Istanbul pour 3 ans par la Délégation catholique pour la coopération en service national civil ; il y enseigne le français, partageant la vie des frères capucins et découvrant les 3 cultures présentes sur le sol turc : antique, chrétienne, ottomane. En septembre 1998, il entre au noviciat des Frères Mineurs capucins, avec un maître des novices brésilien : nouvelle ouverture à une autre culture. Plus tard, ses responsabilités au sein de l’Ordre des capucins lui feront découvrir Madagascar, l’Afrique, le Canada francophone, l’Europe du Nord, le Tamil Nadu.

Il fait Profession temporaire en 1999 et, après 2 ans d’insertion en fraternité dans un quartier populaire, il est envoyé au Centre Sèvres – aujourd’hui les Facultés Loyola. Bac canonique de Philosophie, de théologie, Master en théologie, Mémoire sur le Breviloquium de St Bonaventure. La voie était tout tracée vers un Doctorat ; mais c’était sans compter avec son attrait profond pour le ministère apostolique. Il décline donc cette proposition et, après sa profession solennelle en 2005, il est nommé à la fraternité de Clermont-Ferrand.

En 2007, il est ordonné prêtre, dans la cathédrale auvergnate et devient gardien de sa fraternité – responsable dans le jargon franciscain. Commence alors pour lui un fructueux ministère dans les paroisses environnantes, où il se donne à fond : prédications, scoutisme, accompagnement spirituel, longues heures au confessionnal – dont c’est une belle et ancienne tradition de la fraternité des capucins de Clermont.

Habité par le désir de Dieu, interpellé par les débuts de la réforme capucine, il saura rendre compte, plus tard, dans une mémorable interview sur le plateau de KTO avec le Ministre général de l’Ordre en visite en France, Mauro Jöhri, de cet étrange charisme capucin, où les frères sont enracinés dans la prière silencieuse et en même temps ouverts à tout service, surtout le plus humble.

Très attentif à la qualité de la Liturgie, de sa voix chaude et sonore il anime des célébrations en tous genres, depuis les nombreux mariages pour lesquels il est sollicité jusqu’à l’animation du Chapitre général des capucins, à Rome en 2012.

Avec la maturité, commencent des responsabilités beaucoup plus lourdes : il est élu provincial des capucins de France en 2015 jusqu’en 2024 et de 2019 à 2023, il est président de la Conférence des ministres provinciaux capucins d’Europe du Nord ; Comme provincial, en particulier, il aura à cœur d’encourager les frères à chercher à accomplir de manière active et responsable leur vocation d’homme de Dieu. Toutes ces charges l’auront simplifié, humanisé, elles l’auront fait grandir.

Homme d’écoute, Fr Eric exercera un ministère redoutable auprès des victimes d’abus ; pour des chapitres, des retraites, des sessions, Clarisses, Congrégations religieuses, laïcs feront volontiers appel à lui. Mais c’est surtout auprès des jeunes frères qu’il s’impliquera : très sensible à leurs questionnements existentiels, il met au point, en collaboration avec une petite équipe de frères et sœurs, une retraite de 10 jours, typiquement capucine, pour les aider, d’année en année, à enraciner leur vocation de frères mineurs dans une relation personnelle avec le Christ. La devise de la Province des capucins de France : « Il n’y a pas d’autre chemin qu’un amour très ardent du Crucifié » n’est jamais très loin et le jeune provincial n’hésite pas à reprendre la plume : « Prier quinze jours avec St Bonaventure », « Padre Pio, témoin de l’Amour crucifié » et… « La création retrouvée. L’écologie selon St François »… préparation involontaire pour le futur évêque de Tulle et de la Corrèze, si belle en sa ruralité.

 © photographie : Maximilian Moussette
 © photographie : Maximilian Moussette

Vous le devinez, ce n’est pas sans peine que nous voyons s’éloigner notre frère… mais ce n’est pas un éloignement, c’est un partage, et nous sommes heureux de cette communion dans le Christ, de cette mission que, par l’Esprit et vers le Père, désormais, nous partagerons avec lui…et avec vous !

Nous lui renouvelons toute notre affection fraternelle et notre soutien dans la prière. Nous confions son ministère à l’intercession de la Vierge Marie et de saint François d’Assise, afin que l’Esprit Saint le guide en toute chose.