Cette année 2025, nous célébrons ces « paroles avec mélodie pour les Pauvres Dames de Saint-Damien », connues sous le nom d’Audite, Poverelle (Écoutez, petites pauvres), que Saint François d’Assise composa durant l’hiver de 1225. Les ministres généraux du premier Ordre, ont écrit une lettre aux sœurs de l’Ordre de Sainte Claire, des Urbanistes de Sainte Claire et des Clarisses Capucines, à l’occasion de la solennité de Sainte Claire et du VIIIè centenaire du Cantique Audite, Poverelle. Dans cette lettre, disponible sur le site Ofm, les frères donnent des pistes de réflexion inspirées des paroles de François, résumé en quelques lignes. 

@ Basilique Sainte-Claire d’Assise

« Petites pauvres, écoutez-moi, vous les appelées du Seigneur, vous qu’il a rassemblées de tant de provinces et de pays. Vivez toujours fidèles à la vérité, afin de mourir fidèles à l’obéissance. Ne soyez pas à l’affût de la vie du dehors ; mieux vaut celle de l’esprit. Utilisez avec une sage discrétion, je vous en prie de tout mon cœur, les aumônes que vous envoie le Seigneur. Vous qui êtes accablées d’infirmités, et vous qui peinez à les servir, toutes sachez supporter cela en conservant la paix ; vous l’aimerez, cette fatigue, puisque chacune de vous sera reine au ciel et couronnée avec la Vierge Marie. »

frère Massimo Fusarelli,
frère Carlos Trovarelli,
frère Roberto Genuin

« Petites pauvres, écoutez-moi, vous les appelées du Seigneur »

Dans l’exhortation, les Sœurs sont appelées « pauvres ». François les invite à suivre la pauvreté et l’humilité du Christ et de la Vierge Marie. Leur « véritable monastère est l’humanité du Seigneur Jésus pauvre et humble ». (Chiara Augusta Lainati, in Fonti Francescane, Ed. Francescane, 2004, note 27, p. 1770.)

« Vous qu’il a rassemblées de tant de provinces et de pays » 

Malgré la transformation des Ordres en communautés internationales et multiculturelles, la diversité est un don précieux. La « sainte unité » doit être recherchée non pas comme une uniformité, mais comme un lien profond découlant de l’inspiration divine commune.

« Vivez toujours fidèles à la vérité, afin de mourir fidèles à l’obéissance. »

Vivre « dans la vérité » signifie approfondir la relation personnelle avec Jésus-Christ qui est la Vérité (Jn 14,6.) et se conformer à la pauvreté et l’humilité de Son Incarnation. Cela requiert une obéissance radicale à l’Évangile jusqu’à la mort.

« Ne soyez pas à l’affût de la vie du dehors ; mieux vaut celle de l’esprit. »

François oppose la « vie extérieure » (selon la chair/l’ego) à la « vie de l’esprit » (primauté de Dieu). Les Sœurs sont appelées à une expérience chrétienne authentique, désireuses d’avoir « l’Esprit du Seigneur et sa sainte opération » (Rb 10,9.), et à éviter la « mondanité spirituelle ».

« Utilisez avec une sage discrétion, je vous en prie de tout mon cœur, les aumônes que vous envoie le Seigneur. »

La discrétion et le discernement s’appliquent non seulement à l’utilisation des biens matériels pour éviter la dureté ou la superfluité, mais surtout au maintien et à la culture de la vocation, le don le plus précieux. La discrétion est également cruciale dans les relations interpersonnelles et l’usage du numérique.

« Vous qui êtes accablées d’infirmités, et vous qui peinez à les servir, toutes sachez supporter cela en conservant la paix ; vous l’aimerez, cette fatigue, »

Le charisme, vécu en plénitude par les Sœurs, se laisse transformer par le Christ crucifié/ressuscité, en particulier pour celles qui endurent l’infirmité. La béatitude s’étend également à celles qui prennent soin des malades avec affection fraternelle et soutien spirituel.

« Puisque chacune de vous sera reine au ciel et couronnée avec la Vierge Marie. »

La persévérance, dans la pauvreté et l’humilité, confère un sens à toutes les épreuves, en vue du Royaume de Dieu. François prie pour le couronnement des sœurs au ciel avec la Vierge Marie. « Très-Haut puissant et bon Seigneur » et qui vous désire toutes « reines ». (Cant 1.)